Qui? Que? Quoi? Quand? Où?

Ma photo
Montréal, Canada
Je suis un étudiant gradué avec parfois un peu trop de temps libre ou trop de pensées aléatoires. Ce blogue est un fenêtre sur un cerveau en train de fondre. / I am a graduate student with sometimes too much time in his hands or too many stray thoughts. This blog is a window into a melting brain.

mercredi 25 novembre 2009

Si quelqu'un peut me répondre

L'épisode que j'ai décrit dans le dernier billet a, je dois l'admettre, amorcé une certaine réflexion et je me demande pourquoi...

Non, non, je ne me demande pas pourquoi l'épisode a amorcé une réflexion, bande de moules, je me pose des questions... Et je vais faire l'effort d'exclure toute partisanerie oui/non, juste pour être certain de ne pas me faire traiter de separatist fuck, même si c'est vrai. Et tout ça, juste pour espérer que quelqu'un me réponde sur le même ton, sans grimper dans les rideaux...

Je ne saurais citer les statistiques là-dessus, mais je me souviens avoir lu quelque part que la proportions de canadiens français - et j'inclus ici les québécois, acadiens, franco-ontariens et même les métis du Manitoba (s'il en reste) et tout ceux qui servent aux tables des restos de Vancouver - qui sont aptes à tenir une conversation de base en anglais dépasse nettement la proportion de canadiens anglais aptes à faire l'inverse. On parle ici de l'ordre de 95% versus 1%. J'exagère probablement, mais pas tant que ça, j'en ai bien peur.

Et je me demande pourquoi, de manière très objective. Il fut un temps où ce qui était le Canada Français englobait les maritimes, le Québec, une bonne partie de l'Ontario, l'ensemble des grands lacs et les rives du Mississippi jusqu'à la Nouvelle-Orléans.

Bon ok, les Anglais ont gagné la guerre contre la France, qui nous a abandonnés... On raye le Mississippi, il en reste pas mal gros...

Bon ok, Lord Durham et son rapport, Wolfe et sa vision de l'utilisation des églises catholiques, sans oublier les loyalistes qui sont remontés. Il reste que nous étions des fermiers catholiques portés sur la fête... Tout ça pour faire des familles de 25 enfants... Nous aurions dû, statistiquement, avoir le dessus par le nombre... Non??

Bah pas grave, l'histoire est là et les historiens sont là pour l'interpréter.

2009

En théorie, le Canada est un pays bilingue. Donc, les petits anglos ont des cours de français obligatoires à l'école, non?

En fait, non. Dans la plupart des écoles du pays, le français langue seconde est offert de manière optionnelle. Contrairement au Québec et au Nouveau-Brunswick où l'apprentissage des deux langues est obligatoire.

premier pourquoi??

Loupe sur le Québec: Étude de cas, le mien

Je suis issu d'un famille francophone, et une partie de ma famille vient des Canton de l'est. Ce qui veut dire qu'il y avait cohabitation des descendants des français et des descendants des loyalistes. Et de manière générale, il y règne une cohabitation polie dans laquelle les francophones parlent anglais aux anglos... Et où les anglophones parlent français aux francos... Tout dépend du contexte et de l'endroit où on se trouve.

Ex. J'entre chez Miller's hardware... Je parle en anglais au bonhomme Miller.
Mr. Miller vient prendre une bière chez nous, il me parle en français...

Et le monde il est beau, et le monde il est content.

Même pour les natifs de Montréal, il existe cette cohabitation. J'ai plusieurs amis dont la langue maternelle est l'anglais, et je n'ai aucun problème à leur parler en anglais car je sais qu'ils n'ont aucun problème à me parler en français. Et plus souvent qu'autrement, et selon le nombre de bières, ça finit en franglais... la cohabitation parfaite quoi.

Je dois même sortir mon anglais dans les partys de famille, la blonde de mon cousin étant nouvellement arrivée de Vancouver. Aucun problème, ça fait quelque chose comme trois jours, mais elle veut déjà retourner le monde à l'envers pour apprendre le français, merci beaucoup, en attendant, Merry Christmas and a Happy New Year.

Et maintenant, le second pourquoi:

Pourquoi l'attitude constatée par Émilie Dubreuil dans son article?
Pourquoi la réaction archi-agressive (et là je veux dire crissement démesurée) de Dude que j'ai décrite dans mon dernier billet?

Et le pourquoi que je préfère, et sur cette question que j'aimerais une réponse:

Si j'ai la courtoisie de m'adresser à un anglos dans sa langue, pourquoi n'ai-je pas droit à la même courtoisie...?

Because French is hard for me.

Is it as hard as it is for my cousin's girlfriend to learn...? Is it as hard as it was for me to learn English?

Well hum... I don't know...

Pas grave, on se reprendra.

Et juste pour être certain qu'on ne se méprenne pas sur mes intentions, il ne s'agit pas ici d'une vague frustration d'un anglais boiteux, je parle un anglais qui fait en sorte que pendant un mois en Irlande, j'ai dû:
1) souligner que je n'étais pas un américain et
2) expliquer que je faisait ma business en français à tous les jours, au jour le jour, et que le fait French Canadian n'était pas quelque chose de folklorique...

À ce titre, anecdote, et je finirai avec celle-ci.

À Belfast, évidemment, parce qu'il fallait absolument que ça se passe là, je rencontre à l'auberge de jeunesse, une anglophone de Montréal qui parle un français parfait, et un anglo de Vancouver qui pense qu'il peut parler français...

Dans le salon avec une française, un Catalàn (évidement), un Israélien (évidemment bis), les deux comparses susmentionnés, un australien et une couple d'irlandais... Le drapeau du Québec sur mon sac en entamé la discussion.

Vancouver: So you're a separatist
La fille de Montréal: Don't!!!
Moi: Yeah, what's it to you?


Ce à quoi la fille de Montréal a très bien désamorcé la situation en amenant la discussion intelligente que nous sommes habitués d'avoir entre oui et non... Simplement, poliment, ouvertement.

L'israélien, pas trop bizarrement, tenait un discours du genre: Ben si la majorité le veut, alors pliez bandes d'anarchistes...
Le Catalàn, en Catalan entremêlé d'un espagnol/anglais boiteux, appréciait grandement mon discours...
Les Irlandais étaient plutôt divisés, et pas très étonnamment, ne participaient pas à la conversation... Et l'australien était un poteux, alors... aucune conversation mis à part un Sorry dude what??

Et mon petit chéri de Vancouver a commencé les petites pointes qu'on est habitués d'entendre de Leur (les caves là) part...

8 heures plus tard, sans arrêt avec les pointes, il a reçu la balance de mon verre de bière sur la tête et a vu mon poing à la hauteur de ses yeux, mais pas de proche, un Israélien m'ayant fortement suggéré de faire preuve de sagesse avec un: He's just a kid...

Morale de l'histoire, if you're a little pussy, don't piss off the 200 pounds French Canadian je dois admettre que mon passage en Irlande a rallumé un sentiment nationaliste un peu fâché (voire jaloux des Irlandais), pas celui du militantisme, celui qui est déçu de l'échec de Paul Rose et de ses acolytes.